Le modèle familial a connu de très grands bouleversements depuis quelques décennies. Nous sommes encore influencés par le schéma de la famille « traditionnelle » née au début du 20e siècle. Le père faisait vivre la famille grâce aux revenus de son travail et représentait l’autorité. La mère s’occupait de l’éducation des enfants et de la bonne tenue de la maison.
Lors de la période industrielle, cependant, la majorité des parents et des enfants travaillaient pour subvenir aux besoins de la famille. Il n’y avait que les familles bourgeoises et aisées qui pouvaient se permettre de vivre beaucoup plus agréablement. Après la 2e guerre mondiale, le monde a changé. La natalité a augmenté brusquement, mais cela n’a duré que quelques décennies. Les femmes qui avaient abandonné la vie professionnelle ont repris place sur le marché du travail. Le niveau de vie a augmenté ainsi que l’espérance de vie.
Actuellement, la société encourage l’épanouissement personnel. On se marie par amour et non plus pour avoir une situation et s’assurer un avenir. Le nombre de mariages a fort diminué. Beaucoup de couples vivent ensemble, fondent une famille mais ne se marient pas.
Auparavant, la procréation faisait partie du mariage. Maintenant, le nombre d’enfants par couple a fort diminué. La contraception permet de choisir le moment d’avoir un enfant. Beaucoup d’enfants naissent également hors mariage. Il est devenu très difficile pour les couples de concilier vie familiale et vie professionnelle. Ils tiennent à avoir un certain niveau de vie et de confort, ce qui diminue fortement le nombre de familles nombreuses.
Parallèlement, les ruptures ont très fortement augmenté. Le sens du terme « famille » a changé. Il vaut mieux mettre le mot au pluriel. Des couples se défont et se recomposent autrement, des familles monoparentales se remettent en couple… Il devient difficile dès lors de s’y retrouver dans les familles recomposées et de dresser un arbre généalogique. Tous les milieux sont touchés par le divorce. Cela peut conduire à beaucoup plus de précarité et rend les individus plus fragiles affectivement et psychologiquement. Ajoutons à cela la possibilité récente pour les couples homosexuels de se marier et d’avoir des enfants.
Cet état des lieux, beaucoup trop bref, montre qu’il vaut la peine de se pencher sur ce changement de société, y cherchant tous les signes d’espérance. « Fonder une famille, dit le pape François, c’est faire partie du rêve de Dieu. »
Marie de Rochelée [avec le journal Dimanche]
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